Le réseau des producteurs, des artisans, des restaurateurs et des consomm'acteurs !

La consomm'action commence par nous !

Documentaire de Stéphane Horel et Brigitte Rossigneux.

Ils sont partout. À la maison, à la cantine, au restaurant, les aliments transformés remplissent nos assiettes. Gagnée par l’obésité, le diabète et les maladies cardiaques, le goût émoussé par les saveurs faciles et factices de la gastronomie, la population n’a plus le choix. À moins d’entamer une grève de la faim.

Depuis cinquante ans, l’industrie agro-alimentaire campe à notre table. Et elle se goinfre. Indulgence ou complaisance à l’égard de cette prise de pouvoir, les autorités n’exercent qu’un contrôle limité sur cette montagne de victuailles trop grasses, trop sucrées, trop salées. Peu importe que notre santé fasse les frais de ses petits plats, l’industrie agroalimentaire a carte blanche.


Bande annonce

 





"Avec 58 milliards d'euros par an, les subventions accordées à l'agriculture représentent le poste budgétaire le plus coûteux de l'UE. Les intentions de départ étaient vertueuses : aider les petits agriculteurs, stabiliser les prix alimentaires, assurer les approvisionnements et favoriser les exportations. Quelques décennies plus tard, la situation est catastrophique. Les exploitations de taille modeste ne peuvent plus survivre, tandis que les grosses, qui pratiquent l'agriculture et l'élevage à une échelle industrielle, prospèrent. La qualité des produits s'en ressent, tandis que se multiplient les atteintes à l'environnement et les mauvais traitements infligés aux animaux."
Source : http://videos.arte.tv (émission diffusée le 25/06/2013)  

 

baisseGMSNée dans les années 1960, la grande distribution règne sans partage sur les ventes de produits alimentaires en France. Mais depuis 2009, le modèle donne des signes de fatigue. Face aux gondoles à la dérive, les hypers jouent, notamment, la carte de la responsabilité. Avec plus ou moins de sincérité.

Il y a très exactement un demi-siècle, le 15 juin 1963, naissait, à Sainte-Geneviève-des-Bois, dans l’Essonne, le tout premier hypermarché (1) de France. Un magasin aux proportions fabuleuses proposant 15?000 articles. Son but ? Réduire les prix. Ses méthodes ? S’installer loin des villes, là où les loyers sont moins chers, supprimer les vendeurs dans les rayons et traiter de gros volumes en limitant les intermédiaires.

A l’époque, les critiques anticipent un échec. Mais plus de 5?000 clients se pressent à l’inauguration de cette « usine à distribuer ». Partout dans l’Hexagone, les ouvertures vont alors se multiplier, dans une ambiance de fête. En octobre 1970, à Vitrolles, dans les Bouches-du-Rhône, un journaliste de l’ORTF (Office de radiodiffusion télévision française) décrit, émerveillé, l’ouverture du centre commercial Carrefour, avec sa grande roue et son chapiteau installés spécialement pour l’occasion.

Avec surtout ses « éléments de séduction » : ses 4?000 places de parking. Ce « gigantesque magasin » – 22?000 mètres carrés – est « un spectacle en soi », où l’on peut « flâner sans idées bien arrêtées », vante le reporter du journal télévisé. La philosophie de la grande distribution est des plus simples : « Le plus grand nombre de clients, le plus grand nombre de produits, les prix les plus bas, résume l’historien Jean-Claude Daumas. Il y avait un cercle vertueux de la taille qui faisait que, si on s’agrandissait, on pouvait avoir plus de références, donc attirer plus de clients, donc faire plus de marges et donc, in fine, agrandir son magasin encore. »

Scandales alimentaires

Cinquante ans plus tard, la grande distribution est devenue incontournable. La France est l’un des pays au monde qui affichent la plus grande concentration de grandes surfaces sur son territoire. Plus de 70?% des achats alimentaires des Français sont faits dans leurs rayons. Mais la crise, la hausse du prix de l’énergie et des scandales alimentaires à répétition ont montré les failles de ce modèle : clairement, il n’est pas durable. Depuis 2009, le chiffre d’affaires du secteur est en baisse, surtout dans les très grandes surfaces. « Les énormes hypermarchés où l’on vend tout flanchent petit à petit », tranche Lionel Bobot, chercheur à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique).

Efforts au rabais

Les temples de la consommation sont-ils pour autant condamnés ? Nous avons demandé à nos lecteurs de passer une semaine sans voir un chariot. Résultat : la chose n’est pas aisée. Une enquête de terrain menée en 2011 par le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) assure que « les ménages raisonnent peu leurs modes d’approvisionnement – et notamment les déplacements qui y sont liés – sous le prisme du développement durable ». Dans ce dossier, nous vous donnons donc des conseils pour avancer vers de nouvelles pratiques. D’ailleurs, quand ils sont interrogés, les Français disent vouloir acheter mieux, passer moins de temps devant les gondoles et se déplacer moins pour faire leurs courses… Les supermarchés, « énormes machines à innover », selon les termes du consultant en marketing écolo Sauveur Fernandez, ont répondu aux demandes des consommateurs, et ce, à grands renforts de campagnes de communication. Nous avons distingué les réelles initiatives des efforts au rabais en menant notre enquête depuis les rapports publics de Carrefour, E.Leclerc, Auchan ou encore Système U. Nous sommes même allés dans les poubelles de leurs magasins. A vos chariots ! —

(1) Le terme « hypermarché » sera inventé plus tard, en 1968, par Jacques Pictet, fondateur du magazine spécialisé « LSA ». En France, ce terme désigne aujourd’hui un magasin dont la surface de vente est supérieure à 2500 m2. Le supermarché a, lui, une surface comprise entre 400 et 2500 m2.

Source : www.terraeco.net/Les-hypers-en-bout-de-course-s,49939.html - juin 2013

pearsL'utilisation de l'allégation "traditionnel" est possible pour les produits ne renfermant pas d'additifs et fabriqués selon des recettes respectueuses de la tradition sur le plan des dénominations et de la composition notamment (utilisation d'ingrédients traditionnels).

Par exemple : une quiche lorraine "traditionnelle" ne peut pas contenir d'additifs alimentaires, car la recette traditionnelle n'en contient pas.

Source : ADEME.fr

L’engouement pour les produits agroalimentaires locaux est en partie lié à l’attente de moindres impacts environnementaux de ces formes de commercialisation, et en particulier d’un bilan carbone plus favorable du fait d’une distance parcourue par les produits moins importante. Or, c'est la phase de production qui pèse le plus sur les impacts environnementaux des produits agroalimentaires et notamment sur leur bilan carbone. Ainsi, les moindres distances généralement parcourues par les produits locaux ne suffisent pas à affirmer leur qualité environnementale. Les avantages de la commercialisation locale consistent davantage en des atouts socio-économiques : réancrage territorial de l’activité agricole, meilleure valorisation des produits par le producteur, rapprochement entre l’agriculteur et le consommateur, et plus grande implication des acteurs publics et des habitants dans l’agriculture, comme des consommateurs dans leurs choix alimentaires. La consommation locale peut ainsi contribuer à l’alimentation durable...

La commercialisation locale des produits agroalimentaires est en général caractérisée par deux types de circuits : les circuits de proximité et les circuits courts. Les circuits de proximité se définissent par une distance réduite entre producteur et consommateur. Les circuits courts de distribution comportent un intermédiaire de vente au plus (définition du plan d'actions pour développer les circuits courts lancé par le Ministère de l'agriculture en 2009). Ces circuits peuvent recouvrir des formes de commercialisation très variées...

Retrouver l'intégralité de ce dossier au format pdf sur le site de l'Ademe.